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Articles

Affichage des articles du février, 2014

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En 2010, Carmen M. Reinhart, professeur d’économie au sein de l’Université du Maryland, et Kenneth S. Rogoff, professeur à Harvard et ancien économiste en chef du Fonds monétaire international, publiaient un papier — Growth in a time of debt — dans lequel les auteurs analysaient les relations empiriques entre dette publique et croissance économique. Cette étude a connu une publicité considérable dans le monde académique et il semble que ses conclusions aient influencé jusqu’aux politiques budgétaires d’un certain nombre d’États.Trois ans plus tard, Thomas Herndon, un étudiant en économie de l’Université du Massachusetts qui tentait de reproduire les résultats de cette étude s’étonnait de ne pas y parvenir malgré ses efforts répétés. En désespoir de cause, il fît par de son échec à ses professeurs qui, après vérification, réalisèrent que c’étaient les résultats de Reinhart & Rogoff qui étaient faux : ils avaient réalisé toutes leurs analyses sous Excel et avaient simplement oublié …

La machine à perdre

Voltaire rejoint l’Angleterre en homme de lettres ; il en reviendra philosophe. Durant ces deux années d’exil, l’auteur d’Œdipe, ce « nouveau Racine » comme on l’appelait désormais, va avoir tout le loisir de mesurer le monde qui sépare la France du jeune Louis XV de l’Angleterre du roi George [1].Au sud de la manche, tout n’est que verticalité. Le roi y est aussi absolu qu’il se désintéresse manifestement des affaires du royaume tandis que, dans la plus pure tradition colbertiste, Son Éternité le Cardinal de Fleury et Monsieur Orry décident, réglementent, ordonnent, interdisent et embastillent à tout-va ; s’appuyant, pour ce faire, sur une administration déjà aussi tentaculaire qu’elle est inefficace et nourrissant au passage une nuée de créanciers. Le peuple, quant à lui, croule sous l’impôt et meurt littéralement de faim.Mais outre-Manche, tout est différent. Le royaume du roi George, c’est aussi celui de John Locke : une monarchie constitutionnelle et qui plus est libérale. Le com…

Les chemises noires de la revolución

Squadrismo désigne les milices caractéristiques du fascisme italien qui ont donné naissance aux sinistres Milizia Volontaria per la Sicurezza Nazionale, les « chemises noires », connues pour avoir été les bras armés officieux du régime de Mussolini. Officieux seulement parce qu’officiellement, la Parti national fasciste n’avait aucune relation avec ces organisations paramilitaires qui opéraient dans la plus parfaite illégalité ; n’hésitant pas à agresser, torturer et assassiner ceux qui avaient le malheur de s’opposer au futur Duce. À la matraque et à l’huile de ricin, ce sont les chemises moires qui ont porté Mussolini au pouvoir, de la même manière que les chemises brunes — les Sturmabteilung de Ernst Röhm — ont permis à Adolf Hitler de régner en maître dans les rues allemandes.Les chemises, donc qu’elles soient noires ou brunes étaient, pour reprendre la définition de Carlos Raúl Hernández, des « groupes paramilitaires, des mécanismes répressifs qui ne compromettent pas le gouverne…

Socialisme = pénurie

PDVAL, pour Producción y Distribución Venezolana de Alimentos, est la chaîne publique de magasins alimentaires créée par Hugo Chávez dans le cadre de sa révolution bolivarienne.Voici à quoi ça ressemble aujourd’hui :HT @juanma_lz

La caisse commune

Deux individus décident de créer caisse commune afin de s’assurer mutuellement contre un risque qui a une probabilité d’occurrence à horizon d’un an de ½ et un coût financier 1 000. Pour alimenter cette caisse, ils doivent donc cotiser à hauteur de ½ × 1 000 chacun. Il va de soi qu’en termes de probabilités, la situation des sociétaires est rigoureusement identique avec ou sans caisse : dans les deux cas, l’espérance de perte est de 500.½ × 1 000 = 1 × 500Si ces deux individus créent cette caisse commune c’est parce qu’ils sont averses au risque ; parce qu’ils préfèrent perdre 500 de manière certaine (payer une prime d’assurance) plutôt que d’avoir une chance sur deux de perdre le double. C’est le principe de base de tous les systèmes d’assurance : l’absence d’incertitude a une valeur, un prix que nous sommes prêts à payer pour vivre dans un environnement certain.Si nos deux individus créent cette caisse commune, c’est parce qu’ils estiment l’un et l’autre que le fait d’être couvert a…

Écolobusiness

Reçu ce matin dans ma messagerie professionnelle :« Si nous savons que les gérants d’actifs sont exposés aux émissions de gaz à effet de serre induites par le jeu d’allocation sectorielle et de stock picking, l’empreinte carbone n’est pour autant pas toujours quantifiée au niveau du portefeuille. Quelle est votre exposition environnementale au niveau des fonds, comment le comparer aux indices de référence, et enfin quelles mesures devez-vous prendre ?« Grâce aux données environnementales complètes — couvrant 93 % du marché mondial par poids de capitalisation boursière — [Société] fournit les informations dont vous avez besoin pour évaluer rapidement les risques de votre portefeuille d'investissement via sa méthode d’analyse de portefeuille pionnière en la matière.« Grace aux audits de portefeuilles [Société], vous pouvez :Jouer la transparence sur la mesure d’impacts environnementaux de votre portefeuille pour les parties prenantes : en réponse à l’article 224 du Grenelle 2 de l’E…

L'intérêt général et le nombre de Dunbar

Si les mots ont encore un sens dans ce monde ou le sophisme tient lieu d’argument politique, on peut raisonnablement affirmer que toutes les tentatives d’avènement d’une société communiste à grande échelle ont échoué. Dans tous les cas, le projet marxiste-léniniste est resté comme bloqué dans sa phase « inférieure », l’étape socialiste et la dictature du prolétariat, sans jamais parvenir à la dépasser. La chrysalide, pour reprendre l’analogie de Trotski [1], n’est jamais devenue un papillon.Pour autant, il est tout à fait faux de dire que le communisme n’a jamais existé. Des sociétés communistes ont existé depuis la nuit des temps et certaines continuent à fonctionner aujourd’hui encore. Mais ce que l’expérience des siècles suggère avec insistance, c’est qu’un tel ordre social ne peut exister et perdurer qu’à très petite échelle.Communisme réelTypiquement, les colonies huttériennes sont des exemples vivants de sociétés communistes qui perdurent depuis des centaines d'années et sem…

Venezuela, une mise à jour

Lundi 10 février, j’écrivais qu’un menu Big Mac à Caracas se vendait 135 bolivars. Nous sommes vendredi 14 février, et, selon expatistan.com, il faut désormais débourser 139 bolivars — soit quasiment 3% en quatre jours : en rythme annuel, ça fait une inflation de l’ordre de 1 336%.--- Mises à jour de la mise à jour : Le 20 février 2014, nous en sommes maintenant à 141 bolivars soit 1,4% de plus que le 14 février. Du 14 au 20, ça nous donne un rythme annuel de 138,5%.Au 22 février 2014, nous en étions à 143 bolivars.Le 9 mars 2014, le menu Big Mac de Caracas coûtait 146 bolivars.Le 30 mars 2016, le menu Big Mac de Caracas coûtait 342 bolivars (54.6% d'inflation annuelle depuis le 10 février 2014).

Le nombre de Dunbar

Selon Robin Dunbar, la taille de notre néocortex limite le nombre de personnes avec lesquelles nous pouvons entretenir une relation stable à (environ) 150 individus. Trivialement, ça signifie que ceux d’entre nous qui ont plus de 150 « amis » sur Facebook ne connaissent pas vraiment, ou n’ont pas de relations suivies avec, une proportion significative desdits amis.Une conséquence plus pratique de la théorie de Dunbar, c’est que plus la taille d’un groupe humain augmente, plus les coûts afférents au maintien de sa cohésion interne — coordination, communication, fête du village, stage de base-jumping en entreprise… — augmentent. Selon les estimations de l’anthropologue, basées sur des communautés humaines composées d’individus qui ont de très fortes incitations personnelles à rester groupés [1], il semble que dès ce seuil de 150 individus les efforts nécessaires à maintenir la cohésion du groupe consomment, à eux seuls, 42% du temps de travail.Augmentez la taille du groupe et il ne vous…

#Babel, le communisme

« La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. »
— Actes des Apôtres, chap. 4, 32Il n’existe pas, me semble-t-il, de formule qui résume mieux et de manière plus concise l’idéal communiste que le célèbre aphorisme de Louis Blanc [1] : « de chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins. » Tout est là. La société communiste (#Babel), fondamentalement, est une forme d’organisation sociale dans laquelle chaque membre de la société produit en fonction de ses capacités et ne consomme que ce dont il a besoin.Il manque pourtant, dans cette formule par ailleurs excellente, une dimension essentielle du communisme : l’ardeur au travail et la frugalité dont font preuve les membres de la société ne résulte d’aucune forme de coercition, elles ne sont pas contraintes ; elles sont purement volontaires. Le communisme, le véritable communisme dans son sens …

Souveraineté monétaire

Lors d’un épisode précédent, nous avons vu pourquoi l’argument anti-euro qui veut que des économies dissemblables ne peuvent partager une même monnaie n’était, en réalité, par un argument anti-euro mais une critique de la politique monétaire en général.Reste donc à traiter l’argument principal de ceux d’entre vous qui souhaitent abandonner l’euro pour revenir au franc : la monnaie unique, dites-vous, nous prive de notre souveraineté monétaire, revenir au franc c’est la recouvrer.La souveraineté monétaire, comme vous le savez, c’est l’idée selon laquelle le pouvoir exclusif de battre monnaie est un attribut essentiel de la souveraineté d’un État — c’est-à-dire de sa capacité à exercer le monopole de la coercition sur son territoire. Au-delà de l’aspect purement symbolique, les raisons concrètes qui vous poussent à vouloir recouvrer cette part de souveraineté sont au nombre de deux ; voici vos arguments :« En privant l’État de sa souveraineté monétaire, l’euro nous condamne à rembourser…

Instant crash

D’après les chiffres de la Cavenez, la chambre de l’automobile du Venezuela, les ventes de voiture au pays de la révolution bolivarienne sont — et je pèse mes mots — en chute libre.Juste pour vous donner une idée, en janvier 2014, il s’est vendu 722 voitures au total contre 2 959 en décembre 2013 et 5 542 en janvier 2013 — soit un effondrement de 87% sur un an et de 75,6% en un mois.C’est un véritable massacre qui touche, bien sûr, les voitures d’importations (-97,7% YoY — non, il n’y a pas de typo) mais aussi la production locale (-65,4% YoY). En matière de redressement productif, on touche au génie.Merci à @SalvadorCedric pour le lien.

La loi #2017-666

Pure conjecture : imaginez qu’en 2017, le parti désigné par les urnes pour gouverner la France soit la pire formation politique que vous puissiez imaginer. Quelques semaines à peine après leur élection, les parlementaires de cette nouvelle majorité ont déjà modifié le cadre législatif en vigueur de telle sorte qu’ils puissent, en toute légalité, voter et faire appliquer la loi n°2017-666 ; loi qui, quelle que soit votre sensibilité politique, de droite, de gauche ou d’ailleurs, vous est totalement insupportable et que vous jugez parfaitement infâme — laissez libre cours à votre imagination.Seulement voilà, malgré tout le mal que vous pensez de cette loi et du parti qui l’a faite voter, il reste un fait absolument incontournable : ce gouvernement a été porté au pouvoir de manière incontestablement démocratique et le processus législatif qui aboutit à la mise en application de cette loi abjecte est tout à fait légal.Vous pouvez, bien sûr, reprocher cette dérive à la démocratie elle-même…

Le menu Big Mac de Cararas

Aux dernières nouvelles, le prix d’un menu Big Mac à Caracas était de 135 bolivars vénézuéliens ; ce qui, une fois converti en dollars au taux officiel (USD 1 = VEF 6.2921), nous donne 21,5 dollars.Un exercice amusant consiste à répéter la même opération pour plusieurs grandes villes d’Amérique du sud — on refait une sorte d’indice Big Mac en temps réel en somme. Voici ce que ça donne (le 10 février 2014 vers 17h, heure de Paris) :Pays (ville)LocalDollarVenezuela (Caracas)VEF 135 21.5Argentina (Buenos Aires)ARS 48 6.1Brazil (Rio de Janeiro)BRL 19 7.9Chile (Santiago)CLP 3 475 6.3Colombia (Bogota)COP 12 954 6.3Peru (Lima)PEN 14 5Uruguay (Montevideo)UYU 209 9.4Étrange n’est-il pas ? Le menu Big Mac de Caracas semble anormalement plus cher qu’ailleurs. À vrai dire, à ce prix-là, c’est même le plus cher du monde : même à Oslo, ville pourtant réputée pour le prix monstrueusement élevé du Big Mac, on ne paye ce menu que $16.Et ça ne s’arrête pas aux burgers : en 2013, selon The Economis…

Fable de la balance commerciale

Sur la base des chiffres de la Banque de France pour 2012, notre balance commerciale était déficitaire de 70,6 milliards d’euros. En pratique, ça signifie que, mesurées en milliards d’euros, nos exportations de marchandises (437,8) étaient inférieures de 70,6 milliards à nos importations (508,4) [1].Le mieux, c’est de vous raconter une jolie fable.Soit donc deux villages au milieu desquels coule une rivière qui fait aussi office de frontière. Depuis toujours, les deux villages sont en paix et leurs habitants, empruntant le pont qui traverse le susdit cours d'eau, commercent entre eux sans que cela ne pose le moindre problème et ce, d’autant plus qu’ils utilisent une monnaie commune, le coquillage (code ISO : COQ).Or, voilà qu’un beau jour, le chef du village de l’ouest — qui n’a manifestement que ça à faire — se met en tête de mesurer la valeur des échanges qui traversent la rivière. À cet effet, il instaure un bureau de douane à l’ouest du pont auquel il confie la mission de rece…

Yahoo!, causes et effets

Ça y est : j’ai reçu, moi aussi, ce mail de Yahoo! qui annonce la réorganisation de ses activités en Europe. Marissa Mayer considère manifestement que le modèle éclaté qu’avait privilégié la firme de Sunnyvale jusqu’ici coûte trop cher et elle a donc décidé que toutes les activités de Yahoo! pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen Orient seraient désormais centralisées à un seul endroit. Et cet endroit c’est l’Irlande.Il y a donc deux choses : d’abord, la volonté de Mme Mayer de rationaliser le structure de l’entreprise qui, s’agissant d’un prestataire de services sur internet, relève à mon humble avis du bon sens. Ensuite, il y a le choix de l’Irlande qui n’a bien sûr rien à voir avec la bière et les moutons.Quelqu’un se demande-t-il sérieusement pourquoi ils ont choisi Dublin ?Retournons le couteau dans la plaie : (i) parce que l’environnement fiscal y est nettement plus attractif (la corporation tax irlandaise varie de 10 à 25% des profits), (ii) parce que l’environnement règlementai…

Bégaiements

Je me suis livré sur mon fils à une petite expérience. Voici le protocole expérimental : lorsqu’il est rentré de l’école, je lui ai proposé un verre d’eau pour dix centimes. Comme il avait soif et que, par ailleurs, il est habitué à mes excentricités, il a accepté de souscrire à cette proposition et l’échange à bien eu lieu.Mais lorsque je lui ai proposé un second verre d’eau au même prix, étrangement, il l’a refusé gentiment. Selon les recommandations du petit manuel de macroéconomie néo-keynésienne, j’ai décidé de lui proposer un broc entier d’eau fraîche à cinq centimes. Sans succès : refus poli de mon garçon. Un brin agacé par cet échec, j’ai bien tenté de lui vendre une bassine pleine d’eau pour un centime mais rien n’y fît : il n’en voulait pas plus.De cette expérience, j’ai conclu que j’aurais beau augmenter les quantités disponibles et baisser le prix, si mon fils n’a pas soif, il n’en achètera pas une goutte.Remplacez mon fils par les entreprises et ménages américains et l’ea…

Le mythe de Gorgon Gekko

Gorgon Gekko, c’est l’espèce de psychopathe incarné par Michael Douglas dans le Wall Street (1987) d’Oliver Stone [1]. C’est celui qui dit « greed is good » avec ce sourire carnassier, un type sans foi ni loi qui non seulement ne semble vivre que pour amasser des fortunes mais de surcroît prend manifestement du plaisir à le faire aux dépens des autres. Gekko est un archétype ; le visage de ce monde de la finance qui n’en a pas ; il est l’incarnation même de ce que combattent tous les anticapitalistes de l’extrême-droite à l’extrême gauche. C’est l’ennemi de classe, l’ennemi du peuple par excellence.À ceci près que Gordon Gekko est un personnage de fiction.Quand Oliver Stone et Stanley Weiser ont écrit le scénario de Wall Street, ils ont utilisé une vieille ficelle narrative qui consiste créer un personnage qui ressemble jusqu’à la caricature à l’idée que ce font les spectateurs de ce type de personnage. Le personnage de Gekko ne doit rien à la réalité concrète de Wall Street mais tout…

Sophismes à tous les étages

Jacques Sapir s’est récemment fendu d’une réponse à ses détracteurs dans laquelle il dénonce la bassesse des arguments de ces derniers — principalement Jean-Marie Colombani et Pierre Moscovici — et les tentatives d’assimilation particulièrement douteuses dont il fait l’objet. En substance, au motif que les positions anti-euro et dirigistes de Sapir ont été reprises — entre autres — par le Front National, les susnommés se croient autorisés à accuser l’auteur de RussEurope d’être lui-même d’extrême-droite et par là même, puisqu’il est désormais convenu chez ces gens-là que le racisme et l’antisémitisme sont des idées de droite, de fourrer Sapir dans le même panier de crabes sans — bien sûr — le dire explicitement. « Calomnions, calomnions, il en restera toujours quelque chose ! »Je ne suis d’accord sur rien avec Jacques Sapir mais là, dans ce cas précis, je vais me ranger de son côté.Je vais me ranger de son côté parce que l’usage du sophisme, de la calomnie et de cette espèce de sous-e…

Euro et unicité de la politique monétaire

Un des grands arguments des partisans de l’abandon de l’euro et du retour au franc — comme si l’un impliquait nécessairement l’autre (mais laissons cela) — c’est l’idée selon laquelle des économies dissemblables ne peuvent pas partager une même monnaie.On peut, me semble-t-il, résumer l’argument en prenant un exemple. Dans la période d’avant-crise (2000-07), l’Allemagne connaissait une croissance réelle relativement faible (1,4%) qui s’accompagnait, naturellement, d’une inflation tout aussi faible (1,6%). Si l’on suit le petit manuel de macroéconomie néo-keynésienne standard, il aurait donc été utile que la Banque Centrale Européenne se montre plus accommodante. Sauf que, durant la même période, l’économie espagnole progressait à un rythme de 3,4% avec une inflation de 3,2% et, accessoirement, une énorme bulle immobilière : selon le même manuel, il eut alors fallu que le BCE durcisse sa politique monétaire.Bref, les économies allemandes et espagnoles étant relativement dissemblables, …

Pygmalion !

Il fût un temps où mon épouse et moi-même étions inquiets des résultats scolaires de notre fille ainée. Elle semblait travailler suffisamment, du moins le pensions-nous, mais les notes ne suivaient pas. À tel point que nous nous demandions si ce n’étaient pas ses facultés cognitives qui étaient en cause. Mon épouse – qui a fait des études de psychologie – voulait en avoir le cœur net et résolu de consulter une psychologue pour tester le quotient intellectuel de notre écolière. Surprise ! Mademoiselle n’a pas seulement un cerveau qui fonctionne tout à fait normalement, elle est même à la limite des enfants jugés précoces.Évidemment, l’intéressée tira une grande fierté de ce résultat et ne se priva pas de le faire savoir urbi et orbi. Mais ce qu’elle n’avait pas tout à fait réalisé — et que je me suis chargé de lui faire comprendre — c’est que désormais, il était scientifiquement établi que toute mauvaise note ne pouvait être expliquée que par un travail insuffisant. Elle n’avait tout s…

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Une des fonctions cryptographiques les plus élémentaires, c’est la fonction ROT13. L’idée, très simplement, consiste à remplacer chaque lettre du mot que vous souhaitez crypter par la treizième lettre suivante dans l’ordre alphabétique : a, première lettre, est remplacée par n, treize plus unième lettre ; b est remplacé par o etc. sachant, naturellement, qu’à partir de n, on revient au début de l’alphabet.Par exemple, si nous souhaitons encoder le mot « test », on commence par déterminer le rang de chaque lettre dans l’alphabet (20, 5, 19, 20) auquel on rajoute 13 modulo 26 (soit 7, 18, 6, 7) et on remplace ce résultat par les lettres correspondantes de l’alphabet ; ce qui nous donne « grfg ».Évidemment, cette rotation de treize places est un cas particulier. Jules César, qui fût un grand utilisateur de cette méthode pour chiffrer ses messages, était susceptible d’appliquer à peu près n’importe quelle rotation de 1 à 25 [1] de telle sorte que, en fonction de la clé choisie, « test » p…