Accéder au contenu principal

Après le RoundUp, n’oubliez pas d’interdire le saucisson

Juste un petit point à propos de cette vidéo qui circule sur le glyphosate (a.k.a. RoundUp).

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), un organe de l’OMS, a classé le glyphosate dans la catégorie « probablement cancérigène » (le groupe 2A). Concrètement, ça signifie que les chercheurs du CIRC pensent que le glyphosate est cancérogène mais ne sont pas en mesure de le prouver.

Pourquoi l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) n’envisage-t-elle pas d’interdire le RoundUp ? Eh bien parce que c’est une agence de sécurité alimentaire qui, contrairement au CIRC dont le métier consiste seulement à identifier les sources possibles de cancer, cherche à quantifier leur dangerosité.

Bêtement, c’est comme les radiations solaires : on sait qu’elles sont cancérogènes à trop fortes doses mais ça n’est pas pour autant que vous allez vivre dans une cave. Or voilà : après s’être dûment penché sur la question, l’EFSA estime « qu’il est improbable que glyphosate comporte un risque cancérogène pour les humains » (rapport du 12 novembre 2015).

En résumé, si vous estimez que le RoundUp devrait être interdit au motif qu’il est « probablement cancérigène » selon l’OMS, vous devriez aussi réclamer l’interdiction des viandes rouges (qui font également partie du groupe 2A) et surtout des charcuteries, classées dans la catégorie « cancérogènes avérés » (le groupe 1).

Bref, cette vidéo relève de la pure propagande.

Je précise à celles et ceux qui veulent voir le lobbying de Monsato derrière les études qui innocentent le RoundUp que, d’une part, c’est vraiment prendre les gens de l’EFSA pour des imbéciles (ou pire…) et que, par ailleurs, Monsanto a aussi des concurrents pour qui une éventuelle interdiction du glyphosate vaudrait une petite fortune. Je dis ça…

Commentaires

  1. Il le semblait que le brevet du glyphosate était tombé dans le domaine public. Donc que n'importe quel industriel pouvait le fabriquer et le vendre en s'abstenant de le baptiser Round Up. Mais d'un autre côté, ce produit est tellement connoté Monsanto qui doit toujours détenir une belle position dominante dans les ventes d'icelui...

    RépondreSupprimer
  2. Oui le brevet est tombé dans le domaine publique depuis 2000.
    Mais peu de gens le savent et continuent d'acheter le produit prêt à l'emploi ROUNDUP (très fortement dilué donc).
    Personnellement je l'achète en bouteille d'un litre (8€ - 12€), dans sa formule la plus concentrée, à 360g/L, qu'il faut ensuite diluer à 0,5%. Je désherbe mes allées et terrasse avec. C'est à dire qu'avec un e bouteille d'un litre de produit tu peux faire 3300m2 de terrasse ou 33 kms de bordures !!!
    L'herbe repousse exactement au même endroit quelques semaines plus tard, ce qui prouve bien qu'il ne reste certainement rien dans le sol. Ce qui part dans les nappes phréatiques doit être bien marginal par rapport à tout ce qu'on y balance déjà.
    Quant à l'homme, comme le dit justement Guillaume, il fume, il mange du saucisson mais ne doit surtout pas faire gagner de sous au diable MONSANTO...
    L'ONG qui a pondu ce film est bien peu connue mais a fait marcher à plein le buzz, a priori elle est toute jeune (WEMOOV.EU), le nom de domain est réservé pris depuis peu.
    Elle est financé par https://www.campact.de/ qui milite exactement pour les mêmes choses, les membres viennent d'autres ONG, qui se controlent entre elles... bref difficile d'y voir clair dans ce mic mac. Cela donne surtout l'impression d'être des ONG bidons qui n'existent que pour donner une tribune à ses gourous, un d'exister pour ses membres...

    RépondreSupprimer
  3. Des agriculteurs en semis direct , utilisent du glyphosate depuis plus de 20 ans sans pour autant être malade !!!
    Les ONGs veulent faire tomber le glyphosate car il est l'emblème de l'agrochimie !!!
    Après ils voudront une agriculture à 100% bio !!!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Brandolini’s law

Over the last few weeks, this picture has been circulating on the Internet. According to RationalWiki, that sentence must be attributed to Alberto Brandolini, an Italian independent software development consultant [1]. I’ve checked with Alberto and, unless someone else claims paternity of this absolutely brilliant statement, it seems that he actually is the original author. Here is what seems to be the very first appearance of what must, from now on, be known as the Brandolini’s law (or, as Alberto suggests, the Bullshit Asymmetry Principle):The bullshit asimmetry: the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it.— ziobrando (@ziobrando) 11 Janvier 2013To be sure, a number of people have made similar statements. Ironically, it seems that the “a lie can travel halfway around the world while the truth is still putting on its shoes” quote isn’t from Mark Twain but a slightly modified version of Charles Spurgeon’s “a lie will go round the w…

Culture et détente

Cher Monsieur Dubouchon [1],Ainsi donc, vous appelez Lacordaire à la rescousse en me rappelant qu’« entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit. »Au risque de vous surprendre et de vous déplaire encore un peu plus : vous n’êtes pas le premier. Cette citation du Révérend-Père, voilà des années que tout ce que la toile compte d’antilibéraux primaires nous la sert, dans sa forme longue, dans sa forme abrégée ou dans une forme plus ou moins modifiée selon les circonstances. À titre personnel, elle m’a été jetée au visage par des communistes hilares, par des socialistes révolutionnaires, par des sociaux-démocrates inquiets, par des conservateurs en un seul mot, par des souverainistes indignés, par des nationaux-socialistes hésitants et même par un catholique décroissant.Je ne sais pas vraiment où vous classer dans cet inventaire – nous nous connaissons si peu – mais vous m’avez suffisam…

Comment j’ai déprogrammé l’obsolescence

C’est arrivé ce matin. Notre lave-vaisselle familial, que nous avions programmé pour tourner la nuit dernière, n’avait pas fonctionné. Mon épouse, étonnée par cette inhabituelle défaillance, a essayé de le relancer : rien à faire, le bestiau ne fonctionnait plus. Dépités, nous convînmes donc, ma dulcinée et moi-même, qu’il était temps de lui trouver un remplaçant. Cette fois ci, nous disions nous pas plus tard que ce matin, nous n’achèterons pas la première camelote venue à 300 euros : rendez-vous fût pris en début de soirée pour faire l’acquisition d’une bête de course qui, nous l’espérions, durerait vingt ans, comme celle de belle-maman.Dans les entrailles de la bêteMais la journée avançant, cette histoire ne sortait pas de ma tête. Le lave-vaisselle en question, nous l’avions tout de même acheté il y a à peine plus de trois ans : ce n’est pas Dieu possible que ce machin, même s’il ne nous avait objectivement pas coûté grand-chose, nous lâche aussi vite. Si ça se trouve, me disais-j…