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Rhouuu rhouuu

Il y a moins de 100 heures, une bande de copains, des créateurs de startups, découvraient sans trop y croire la teneur du choc fiscal prévu par le projet de loi de finances pour 2013 en général et les mesures qui les concernaient en particuliers. C’était la naissance des « Pigeons », le mouvement de défense des entrepreneurs français. Alors qu’internet fleuri de théories complotistes et que tous ce que la toile compte d’étatistes accusent ce mouvement d’être un coup de marketing politique, il est peut être (déjà !) temps de rétablir la chronologie des faits et un minimum de vérité : oui, les pigeons sont bel et bien un magnifique exemple d’ordre spontané, un bricolage entre amis qui est en train de prendre des proportions qu’ils étaient loin d’imaginer.

Ça commence vendredi 28 septembre, en tout début d’après-midi, avec une conversation qui s’engage entre plusieurs amis sur un post Facebook publié par un certain Carlos qui résume le matraquage fiscal prévu par le PLF 2013. À 13:16, Fabien suggère de créer un « putain de mouvement protestataire » ; six minutes plus tard, c’est aussi lui qui propose le nom des « pigeons ». À 13:29, Carlos semble convaincu par l’idée et demande qui va créer la page Facebook ; alors que Guillaume commence à se prend au jeu, Fabien suggère à Carlos de la créer lui-même à 13:31. À 13:33, c’est chose faite et à 13:39, Carlos poste le lien dans son fil de discussion. Les pigeons sont nés.

Le lendemain, samedi 29, à 9:49, Yaël annonce à la petite bande qu’il vient de déposer le nom de domaine defensepigeons.org ; il cherche un graphiste/designer pour faire un logo et des gens pour écrire les textes. À 15:34, alors que le groupe ne compte encore que 300 membres, un des administrateurs de la page suggère l’idée d’un rassemblement, « par exemple samedi 6 octobre vers 15:00, esplanade du Trocadéro. » À 16 :57, le compte Twitter (@DefensePigeons) et le hashtag #geonpi sont créés. À 17:23, la page Facebook du rassemblement des pigeons est mise en ligne. À 19:33, le groupe compte déjà plus de 650 membres. C’est à ce moment que votre serviteur, invité par deux de ses contacts, découvre le mouvement des volatiles urbains. À 22:42, les pigeons ont passé le cap du millier. Sur Twitter le hashtag #geonpi commence à connaître un succès certain : dimanche matin vers 1:50, c’est déjà le 4ème tag le plus utilisé sur Twitter en français.

Dimanche 30 vers midi, le groupe passe le cap des 2 000 pigeons ; les premières infographies apparaissent et Yaël annonce le lancement du site. Durant toutes l’après-midi, on voit défiler des imprimeurs et des infographistes qui proposent leurs services ; des dizaines de pigeons fouillent dans leurs contacts pour y trouver des journalistes, des caméramans… bref, c’est toute une petite communauté qui s’organise. À 17:03, les pigeons ont leur ePin's ; à 19:33, le cap des 3 000 est franchi ; à 21:47, un article de Jean-David Chamboredon sur economiematin.fr évoque le mouvement – c’est, à ma connaissance, le premier.

Lundi 1er octobre, Marc Simoncini évoque les pigeons sur BFM ; à 9:17, un autre article de J-D Chamboredon évoque les pigeons dans la Tribune ; à 9 :31, le cap des 4 000 pigeons est franchi. À midi, alors qu’un autre article est publié sur Euronews, il y a déjà plus de 5 000 pigeons. À 13:52, nous sommes 6 000 ; 7 000 à 15:34 ; 8 000 à 17:33 ; 9 000 à 18:54 pigeons ; et le cap des 10 000 est franchi à 20:11.

Ce matin, mardi 2 octobre à 6:32, il y avait déjà plus de 15 000 pigeons et, à 13:09, c’est au tour du seuil des 20 000 pigeons de tomber. Il est 15:50 et je compte plus de 22 000 pigeons dont 1 353 qui ont répondu présents pour le rassemblement des pigeons qui aura finalement lieu le 7 octobre à partir de 15:00 devant l’Assemblée nationale.

(NB : si j’ai manqué un épisode, n’hésitez pas à m’aider à compléter dans les commentaires.)

Commentaires

  1. Nicolas Doze et Les Pigeons:
    -->
    http://www.youtube.com/watch?v=n1--WEYCJkE

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