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#Babel, capitalisme et libéralisme économique

Mal nommer les choses, écrivait Camus, c’est ajouter au malheur du monde. Que la définition d’un terme puisse évoluer dans le temps est chose acceptable mais, à un point du temps donné et dans une langue donnée, il est souhaitable que nous nous entendions sur le sens des mots — surtout quand ils sont largement utilisés dans le débat public. Je l’avais déjà fait, il y a quelques temps, avec le communisme ; je vous propose de remettre ça pour la distinction entre capitalisme et libéralisme économique.

Par capitalisme, on entend en général un système économique fondé sur la propriété privée des moyens de production. Concrètement, ça signifie que les entreprises appartiennent à des personnes physiques qui y investissent des capitaux en espérant en tirer des profits. Le capitalisme s’oppose aux différentes formes de propriété collective des moyens de production (socialisme, communisme…) dans lesquelles les entreprises appartiennent, du moins en principe, à tout le monde.

Par libéralisme économique, on entend normalement un système capitaliste fondé sur la liberté des marchés. Cette distinction est essentielle : un système économique peut parfaitement être capitaliste tout en restreignant plus ou moins sévèrement la liberté des marchés — auquel cas, il n’est pas libéral. C’est ce qui arriverait si, par exemple, vous étiez légalement propriétaire de votre entreprise mais que l’État vous garantissait un monopole légal, fixait par la loi le prix de vos produits ou forçait vos clients à les acheter.

C’est pour cette raison que les anglo-saxons parlent volontiers de free-market capitalism ou de laissez-faire capitalism. Pour celles et ceux qui, comme moi, défendent cette option le capitalisme est le meilleur des systèmes connus si et seulement si il s’accompagne de marchés libres (liberté d’entreprendre, liberté des prix, absence de monopoles légaux, absence de consommations forcées…). Dans le cas contraire, si les marchés ne sont pas libres, le capitalisme peut être aussi nocif — et même peut être plus nocif — que les systèmes collectivistes.

Commentaires

  1. Dans "Capitalisme, socialisme et démocratie ", ce que Schumpeter appelle capitalisme c'est l'économie de marché. Le sens ne change pas. C'est le socialisme qui veut changer le sens de capitalisme. Comme le soi disant capitalisme de connivence. C'est antinomique. C'est du socialisme.

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