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Articles

Affichage des articles du juillet, 2016

L'âge d’or du genre humain, c'est aujourd'hui, sous vos yeux

Le seuil de pauvreté absolu, tel qu’il est utilisé aujourd’hui par les équipes de recherche de la Banque Mondiale, est fixé à 1.9 dollar par jour, à parité du pouvoir d’achat mesurée en 2011. C’est-à-dire que ce chiffre est corrigé des écarts de pouvoir d’achat du dollar d’un pays à l’autre ainsi que de l’inflation. Les chiffres que je vous propose ci-après ont été compilés par Max Roser, directeur du projet Our World in Data de l’université d’Oxford [1], sur la base des estimations de François Bourguignon et Christian Morrisson [2] complétées, à partir de 1981, des données collectées par la Banque Mondiale [3].Naturellement, 1.9 dollars, ça représente très peu d’argent mais, au regard des imbécilités que je vois circuler quotidiennement sur les réseaux sociaux, une petite mise au point historique est sans doute nécessaire. Pour commencer, il faut réaliser que gagner 1.9 dollars de 2011 par jour, historiquement, c’est le sort du commun des mortels.L'humanité misérableEn 1820, à l&…

Quand, à peu près, le français s'est il imposé en Provence ?

Je me demandais juste depuis combien de temps, à peu près, on parlait français en Provence. Éléments de réponse volés à Auguste Brun, La Langue française en Provence (1927) :Christophe de Villeneuve, Statistique du département des Bouches-du-Rhône, T. III, 1826 (pp. 197-198) :« La langue française, introduite dans l’administration après l’acte de réunion [1], se répandit lentement dans la Provence. Pendant long-temps elle borna son influence à altérer le provençal de manière à le rapprocher du français [2] ; mais elle ne fut étudiée que des personnes qui étaient obligées de la savoir, et dans les meilleures sociétés de la Capitale on ne se servait que de la langue du pays. Cette répugnance qu’avaient les provençaux pour le français, ne tenait pas seulement au caractère de la nation ; le provençal avait beaucoup plus d’affinité avec l’espagnol et l’italien, et si d’un côté les Provençaux avaient le cœur français, de l’autre il leur était difficile, dans les commencemens, de s’accoutume…

Pour une agence nationale de lutte antiterroriste

Je te mets au défi, Ô lecteur, de me m’expliquer comment fonctionne nos services de renseignement en matière de lutte antiterrorisme. Sans tenir compte de l’aspect judiciaire ou de l’organisation des forces d’intervention (le RAID, le GIGN et la BRI…), je te mets au défi de me décrire, ne serait-ce que de manière succincte et approximative, comment la République s’est organisée pour repérer les cellules djihadistes qui nous menacent.Ça fait un an et demi que j’essaie. Je n’y comprends toujours rien. À chaque fois qu’un schéma organisationnel s’est frayé un chemin jusque sous mes yeux de modeste citoyen, il n’a pas fallu plus de 24 heures pour qu’un spécialiste du sujet explique qu’il était faux ; sans que, soit dit en passant, ledit spécialiste ne prenne le risque de m’éclairer.Au mieux et en croisant plusieurs sources, suis-je parvenu à dresser une liste des différentes structures qui, à des degrés divers, semblent participer à cet effort si essentiel. Voici ce que j’ai trouvé :— La …

Là où l’ennemi se terre avant de nous frapper

Puisqu’il est bien entendu que les terroristes se réclament de l’Islam, se pose inévitablement la question du nombre de musulmans qui vivent parmi nous. Las, ce type de statistiques étant illégales [1], on ne dispose pas de chiffres précis et, en l’absence de données officielles, l’estimation du nombre d’adeptes de l’Islam devient malheureusement une affaire de perception — et parfois même d’imagination — ce qui, par les temps qui courent, conduit nos compatriotes à le surestimer massivement.Quand, en 2014, l’institut Ipsos MORI demandait à un panel de français d’estimer la proportion de musulmans dans la population totale [2], la réponse moyenne était de 31% ; soit, juste pour vous donner une idée, environ deux fois et demi l’estimation du Front National (8 millions, soit un peu plus de 12%). Sur les 14 pays dans lesquels cette étude a été menée, c’est nous qui surestimons le plus ce chiffre ; nos voisins belges arrivent en deuxième position et sont suivis des canadiens.L’Islam, comb…

Pas de faille Monsieur Cazeneuve ? Vraiment ?

Monsieur le Ministre,Comme malheureusement trop peu de nos concitoyens, j’ai pris le temps de lire avec attention le rapport de la commission d’enquête relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme présidée par M. Georges Fenech est publiée ce mardi 5 juillet 2016.Je voudrais, si vous le permettez, vous citer deux courts extraits issus des comptes rendus des auditions qui me semblent particulièrement importants. Verbatim :« Des attentats comme ceux du 13 novembre marquent bien un échec du renseignement extérieur. »et :« Les attentats de 2015 représentent un échec global du renseignement. »Qui sont les auteurs de ses sévères jugements ? Eh bien il s’agit de Messieurs Bernard Bajolet et Patrick Calvar, respectivement directeur général de la DGSE et directeur général de la DGSI.C’est-à-dire que ces messieurs à qui l’on peut, vous me l’accorderez, prêter quelques compétences en la matière nous informent sans aucune ambiguïté possible que les services de rens…

La surveillance de masse est statistiquement inopérante

Au chapitre des fausses bonnes idées en matière de lutte antiterrorisme, la surveillance de masse – ou le chalutage si vous préférez – continue manifestement à faire rêver celles et ceux qui nous gouvernent ou prétendent le faire. Au-delà des évidentes questions morales que ce type de système pose, il y a un aspect qui semble ne pas être encore tout à fait évident pour tout le monde : la surveillance de masse, ça ne fonctionne pas.Je reposte ici un papier initialement publié le 10 avril 2015 qui faisait suite à cet article.« La grande question que nous devrions tous nous poser est : sachant que notre système de surveillance vient de générer une alerte, quelle est la probabilité qu’il ait effectivement repéré un terroriste ?« Pour répondre à cette question, nous allons devoir faire appel au théorème de Bayes et évaluer trois probabilités :« Primo, la fréquence de base ; c’est-à-dire la proportion de terroristes dans la population – le chiffre de 3 000 individus circule ce qui, rapporté…

Les plans de l’ennemi

La stratégie de l’adversaire nous est connue. Elle est née sous la plume d’un certain Abou Moussab al-Souri [1], un djihadiste originaire de Syrie souvent présenté comme la tête pensante d’al-Qaïda. Fin 2004 ou début 2005, al-Souri a publié un Appel à la résistance islamique globale, un pavé de 1 600 pages dans lequel il théorise le nizam, la tanzim (« un système, pas une organisation »), le djihad décentralisé à l’échelle planétaire, lequel peut se résumer par son mode opératoire et son objectif stratégique.Le mode opératoire, c’est la décentralisation. L’idée défendue par al-Souri, c’est une sorte de jihad open source dans lequel le rôle de la structure centrale — aujourd’hui l’État Islamique — se limite pour l’essentiel à inspirer des « loups solitaires » ou de petites cellules autonomes qui agissent en son nom mais sans bénéficier d’un réel soutien logistique. C’est le concept clé du nizam, la tanzim : en l’absence d’organisation structurée on se limite à de petites opérations sym…

Chinese first and last names (the short version)

Just like many westerners, it took me some time to understand how the first/last name etiquette works in China. Thankfully, thanks to Wu Chenli, one of my former students, I finally got it or, at least, I got it less wrong in the context of a professor/student relationship.Just to make it clear for all westerners, in China the last name (usually monosyllabic) comes first and the first name comes afterward. For instance, when referring to the president of the PRoC, you should say Xi Jinping (last/first name; like “Smith John”) or, to mark respect, use a combination of title plus last name — Mr. Xi or President Xi.Just like in most western cultures, using just Jinping (e.g. “John”) is colloquial and friendly. This is the way you would talk to a friend or a member of your family. Yet, there is an exception: when talking to a friend whose first name also is monosyllabic (e.g. “Liu Han”), you should use his full last/first name as calling someone with just one syllable (“Han”) sounds weird…