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Articles

Affichage des articles du février, 2013

Business case : les tabacchi de Vintimille

Soit un fumeur qui habite avenue Jean Médecin à Nice et qui dispose d’une voiture de taille moyenne qui roule au sans plomb 98.À Nice, dans son bar-tabac habituel, il paye ses cigarillos préférés 63 euros la cartouche (Panter Mignon Dessert, 10x20). À Vintimille, à 39 km de là mais de l’autre côté de la frontière, la même cartouche ne lui coûte que 42 euros. La différence, naturellement, ce sont des taxes.À 1,566 euro le litre de sans plomb 98, l’aller-retour en passant par l’A8 va lui coûter 9,86 euros d'essence (estimation fr.mappy.com) et 9,20 euros de péage (péage de la Turbie à 2,20 euros et Confine di Stato à 2,40 euros).Légalement, il peut, sans aucun risque, acheter 4 cartouches en Italie et revenir avec en France. Au total, il économise donc 84 euros moins les 14,26 euros d’essence et de péage ; soit un gain net de 64,94 euros pour un trajet de 34 minutes à l’aller et autant au retour.---
Erratum (2012-02-23 17:12) : j'avais oublié le péage de Vintimille !

Le grizzly qui cachait la forêt

Résumons l’affaire. Goodyear veut fermer son usine de pneu d’Amiens parce qu’elle perd de l’argent. Le gouvernement cherche un repreneur et approche – notamment – Titan ; lequel regarde le dossier et, s’apercevant que l’affaire est dangereusement politisée (souvenez-vous de Mittal) et qu’en plus, le site est tenu par un « syndicat fou » (la CGT), décide de ne pas donner suite. Le 31 janvier, alors que Goodyear confirme son intention de fermer le site, Montebourg écrit au P-DG de Titan, Maurice « Morry » Taylor dit The Grizz, pour tenter de le rattraper au collet mais, dans sa réponse, ledit grizzly, fidèle à son style quelque peu (comment dire ?) rugueux, envoie le ministre balader.Jusque-là, pas de quoi fouetter un chat : nous avons fait le choix – démocratiquement – d’un modèle social qui implique un niveau de taxes, de réglementation et d’interventionnisme élevé de telle sorte que, malgré la taille de notre marché intérieur et de celui de l’Union européenne au milieu duquel nous no…

C’était il y a 15 ans

En 1998, il y a 15 ans, si vous étiez à la pointe de la technologie, vous aviez un StarTAC pour téléphoner, un PalmPilot professionnel qui vous tenait lieu d’agenda, un Rio PMP300 pour écouter de la musique et un Ruvi pour filmer et prendre des photos. Au total, vous vous en sortiez pour environ $2 400 (soit $3 380 actuels) et je vous passe l'encombrement de vos poches...Aujourd’hui, vous pouvez acheter un iPhone 5 à partir de $649 (sans abonnement) qui vous permettra, accessoirement, de surfer sur internet.

De l’amour de la liberté

« Je ne crois pas non plus que le véritable amour de la liberté soit jamais né de la seule vue des biens matériels qu’elle procure ; car cette vue vient souvent à s’obscurcir. Il est bien vrai qu’à la longue la liberté amène toujours, à ceux qui savent la retenir, l’aisance, le bien-être, et souvent la richesse ; mais il y a des temps où elle trouble momentanément l’usage de pareils biens ; il y en a d’autres où le despotisme seul peut en donner la jouissance passagère. Les hommes qui ne prisent que ces biens-là en elle ne l’ont jamais conservée longtemps.
« Ce qui, dans tous les temps, lui a attaché si fortement le cœur de certains hommes, ce sont ses attraits mêmes, son charme propre, indépendant de ses bienfaits ; c’est le plaisir de pouvoir parler, agir, respirer sans contrainte, sous le seul gouvernement de Dieu et des lois. Qui cherche dans la liberté autre chose qu’elle-même est fait pour servir.
« Certains peuples la poursuivent obstinément à travers toutes sortes de périls et…

L’Ancien Régime et la solidarité

« L’administration de l’ancien régime avait d’avance ôté aux Français la possibilité et l’envie de s’entraider. Quand la Révolution survint, on aurait vainement cherché dans la plus grande partie de la France dix hommes qui eussent l’habitude d’agir en commun d’une manière régulière et de veiller eux-mêmes à leur propre défense ; le pouvoir central seul devait s’en charger, de telle sorte que ce pouvoir central, étant tombé des mains de l’administration royale dans celles d’une assemblée irresponsable et souveraine, et de débonnaire devenue terrible, ne trouva rien devant lui qui pût l’arrêter, ni même le retarder un moment. La même cause qui avait fait tomber si aisément la monarchie avait rendu tout possible après sa chute.– Alexis de Tocqueville, L’ancien Régime et la Révolution L3, VII.

Disette

« 19 mai – La disette vient d'occasionner trois soulèvements dans les provinces ; à Ruffec en Angoumois, à Caen et à Chinon. On a assassiné sur les chemins des femmes qui portaient des pains. Cette simple nourriture y est plus enviée aujourd'hui qu'une bourse d'or en d'autres temps, et, en effet, la faim pressante et l'envie de conserver ses jours, excuse plus le crime que l'avarice d'avoir des moyens accumulés pour les besoins à venir. La Normandie, cet excellent pays, succombe sous l'excès des impôts et sous la vexation des traitants. La race des fermiers y est perdue ; je sais tels gens qui viennent d'être contraints d'y faire valoir leurs terres excellentes par des valets ; tout périt, tout succombe. M. le duc d'Orléans [1] porta l'autre jour au conseil un morceau de pain de fougère ; à l'ouverture de la séance il le mit devant la table du roi [2] et dit : « Sire, voilà de quel pain se nourrissent aujourd'hui vos sujets !…

En fait, non...

Contrairement à la rumeur répandue par des agents séditieux qui annonçait que je déménageais sur Tumblr, je vais finalement rester ici (mais aussi sur Tumblr).Pardon !Pour me faire pardonner, The Lumineers – Ho Hey :

L’indice Big Mac

Se basant sur la dernière mise à jour de l’indice Big Mac de The Economist, un certain nombre de commentateurs (comme Alexandre Delaigue ici) nous affirment que l’euro est surévalué de 11,7% par rapport au dollar américain.Comment en arrive-t-on à cette conclusion ?Eh bien c’est très simple : aux États-Unis, un Big Mac coûte $4,37 tandis que dans la zone euro, le même sandwich se vend €3,59 ; soit, avec un euro à $1,3570, l’équivalent de $4,88 ; c’est-à-dire 51 cents de plus qu’outre-Atlantique. Le raisonnement de The Economist consiste alors à calculer la valeur de l’euro exprimée en dollars qui permettrait de faire en sorte que nos Big Mac à €3,59 valent effectivement $4,37 comme aux États-Unis. En l’occurrence, il faudrait que le dollar monte de 11,7% (ou que l’euro baisse de 10,5%, ce qui revient au même).Seulement voilà, il se trouve que le Big Mac ne se vend pas au même prix dans toute la zone euro. En France, il vaut effectivement €3,60 – soit un chiffre très proche de la moyen…

Le trésor de Cupertino

L’ami Marc Cohen a très récemment commis un article dans lequel il s’insurge de ce que David Einhorn, fondateur et président du fonds Greenlight Capital, ait osé – Ô sacrilège ! – porter plainte contre Apple au motif que la firme de Cupertino aurait une fâcheuse tendance à accumuler des dollars sur ses comptes bancaires au lieu de les redistribuer à ses actionnaires sous forme de dividendes.J’aime bien Marc. C’est un type éminemment sympathique qui, par ailleurs, a le chic de dire et d’écrire des choses étonnamment intelligentes pour un journaliste français et, ce qui ne gâche rien, de les écrire bien par-dessus le marché. Seulement, là, sur ce cas précis, je crains bien que Marc se laisse quelque peu aveugler par son affection – fort compréhensible – pour l’entreprise de feu Steeve Jobs. Je m’explique :Voilà la situation : au dernier pointage, au 29 décembre 2012, Apple détenait pas moins de 137,112 milliards de dollars sous forme de liquidités, de fonds d’investissement, d’actions, …

Plan pour Rééquilibrer la Balance Commerciale etc.

Lettre à Madame Nicole Bricq,
Ministre du Commerce extérieur.Madame,Vous annonçâtes ces jours-ci une réduction du déficit de la balance commerciale au titre de l’an 2012, qui serait, selon vos propres termes, « un premier signal encourageant qui doit nous permettre de reprendre confiance. » J’avoue bien volontiers, Madame, que mes compétences limitées ne me permettent pas de comprendre en quoi, exactement, ce fameux déficit de la balance commerciale serait un problème. Néanmoins, soucieux de participer au Redressement Productif National & de mobiliser mon énergie en sens, je crois pouvoir vous apporter mon aide.Aussi, permettez-moi donc, Madame, de mettre mes modestes moyens au service de la grande et noble cause que vous, ainsi que MM. Moscovici & Montebourg, servez avec tant d’abnégation & de courage ; laissez moi, dis-je, vous exposer mon Plan pour Rééquilibrer Définitivement la Balance Commerciale & en Contrôler le Solde en toute Occasion & avec Grande Précisio…

Guerre monétaire et victimes collatérales

À l’heure où j’écris ces lignes l’euro se négocie contre 1,35 dollars ce qui revient à dire qu’un dollar américain vaut 74 centimes d’euros. Pour certain un nombre de commentateurs, à ce prix là, l’euro est beaucoup trop cher à moins que ce ne soit le billet vert de l’oncle Sam qui est bradé ; de toute manière ça revient au même : il faut, disent-ils, écrivent-ils, scandent-ils, dévaluer l’euro puisque les américains refusent de faire remonter la valeur du dollar. Il nous faudrait une bonne grosse dévaluation compétitive.Pourquoi donc ? Eh bien c’est fort simple : aux cours actuels, un produit que nous vendons 100 euros, une fois converti en dollars, se vend 135 dollars ; or, si par hypothèse nous devions décider de faire baisser la valeur de nos euros de – mettons – 25% par rapport au billet vert, ce même produit ne vaudrait plus que 101 dollars et 25 cents une fois l’Atlantique traversé. Nous en vendrions ainsi beaucoup plus, nos entreprises seraient florissantes, notre balance comm…

Le dashboard de M. Draghi

Qui a signé le contrat social ?

Je suis comme Voltaire, je n’aime pas Rousseau. Je n’aime pas Rousseau parce que je ne lui trouve ni qualités morales – un type qui abandonne ses cinq enfants à l’assistance publique pour continuer à mener sa vie de parasite ne mérite que mon mépris –, ni qualités intellectuelles – son Contrat social ne mérite même pas le titre flatteur de théorie ; c’est, au mieux, de la démagogie ; un vœu pieux ; un vague « on n’a qu’à faire comme si… » Mais laissons là M. Rousseau et sa vie misérable et parlons plutôt de ce contrat social.Pour qu’un tel contrat existe, il faudrait, quant au fond, que nous en connaissions les clauses et, pour la forme, que nous l’ayons signé ; au moins implicitement.Le fond de la chose.Commençons par le fond. Si j’en crois Élisabeth Lévy, qui semble, une fois n’est pas coutume, être d’accord avec M. Hollande, ce contrat serait matérialisé par l’impôt en tant qu’« instrument de la redistribution ». Fort bien. Ainsi donc, pour Élisabeth notre contrat social se caracté…

Expériences monétaires en cours…

Dans le cours normal de leurs opérations la Banque centrale européenne (BCE) et la Federal Reserve américaine (Fed) cherchent à piloter le niveau des taux d’intérêt pratiqués par les banques commerciales de leurs zones monétaires respectives. Schématiquement, le volet monétaire du policy mix néokeynésien consiste à faire baisser le niveau des taux lors des crises pour inciter entreprises et ménages à s’endetter pour consommer et investir et, a contrario, à faire remonter les taux dès que la banque centrale perçoit des tensions inflationnistes.De chaque coté de l’Atlantique, ce contrôle des taux bancaires est assuré par le pilotage des conditions de refinancement des banques ; c'est-à-dire le taux auquel elles peuvent elles-mêmes emprunter de l’argent à court terme pour le prêter à long terme. Néanmoins, si l’objectif et les effets sont essentiellement les mêmes, les méthodes de la Banque centrale européenne et de la Federal Reserve diffèrent quant à leur forme.Méthodes différentes…