Accéder au contenu principal

Le cycle

Une banque est une entreprise dont l’activité consiste principalement à emprunter de l’argent à court terme (typiquement, via les dépôts de ses clients) et à le prêter à long terme (sous forme de crédits immobiliers par exemple) – c’est ce que l’on appelle de la transformation. Ce faisant, la banque capte une marge d’intérêt qui rémunère non seulement le risque qu’elle prend en faisant de la transformation (i.e. risque de taux) mais aussi son risque de crédit ; c’est-à-dire le risque de défaillance de ses débiteurs.

Imaginez, par exemple, une banque simplifiée qui finance des mortgages (crédits hypothécaires américains) par des certificats de dépôts à 1 mois. Le graphique ci-dessous résume ses conditions de prêt et de financement aux États-Unis d’avril 1971 à aujourd’hui.

Comme l’illustre le graphique ci-dessous, le taux des mortgages est, de manière relativement stable, égal au taux des Treasuries à 10 ans augmenté d'environ 1,7% ; c'est-à-dire qu'il est principalement lié à l’environnement macroéconomique (i.e. la croissance nominale).

Le taux des CDs à 1 mois, en revanche, est presqu’entièrement déterminé par le taux des Fed Funds, c’est-à-dire par la politique monétaire de la Fed.

Comparons maintenant la marge d’intérêt de notre banque (le taux des mortgages moins celui des CDs 1 mois) aux récessions recensées par le NBER (aires grisées) :

Les pointillés indiquent une marge nulle, les tirets indiquent la marge moyenne au cours des 30 dernières années (env. 3,2%) et la ligne continue rouge correspond à une marge de 1%.

(Source : Federal Reserve, H.15)

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Brandolini’s law

Over the last few weeks, this picture has been circulating on the Internet. According to RationalWiki, that sentence must be attributed to Alberto Brandolini, an Italian independent software development consultant [1]. I’ve checked with Alberto and, unless someone else claims paternity of this absolutely brilliant statement, it seems that he actually is the original author. Here is what seems to be the very first appearance of what must, from now on, be known as the Brandolini’s law (or, as Alberto suggests, the Bullshit Asymmetry Principle):The bullshit asimmetry: the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it.— ziobrando (@ziobrando) 11 Janvier 2013To be sure, a number of people have made similar statements. Ironically, it seems that the “a lie can travel halfway around the world while the truth is still putting on its shoes” quote isn’t from Mark Twain but a slightly modified version of Charles Spurgeon’s “a lie will go round the w…

Le marché des actions US est-il si cher que ça ?

Avec un Price-to-Earnings Ratio (cours sur bénéfices nets) désormais nettement supérieur à 20, le marché des actions américaines apparaît désormais très cher et même, selon nombre de commentateurs, trop chers. Cela fait plusieurs mois que le mot en B (« bulle ») a été prononcé [1] et force est de reconnaître que, sur la seule base de ce ratio, c’est effectivement le cas. Néanmoins, un rapide retour sur la théorie de la valorisation donne un éclairage tout à fait différent.Si le PER est un ratio très couramment utilisé sur les marchés, les chercheurs qui s’intéressent à la valorisation des actions utilisent plus volontiers son inverse : le Earnings Yield. En notant $E$ le niveau actuel des bénéfices nets et $P$ le prix du marché, le Earnings Yield s’écrit simplement : $$\frac{E}{P} $$ C’est donc la même mesure mais exprimée sous forme de taux plutôt que de ratio. Si nous utilisons plus volontiers cette présentation c’est que, contrairement au PER, elle a une signification très précis…

Les prix « avant l’euro »

(J’ai l’intention de compléter cet article au fur et à mesure. Si vous avez des prix à proposer (avec des sources crédibles), n’hésitez pas à le me suggérer dans les commentaires.)L’euro a été introduit en deux temps. La première étape a eu lieu le 1er janvier 1999 à minuit, quand le taux de change irrévocable des différentes monnaies nationales par rapport à l’euro a été fixé définitivement — soit, pour ce qui nous concerne, 1 euro = 6.55957 francs. La seconde étape, l’introduction des pièces et billets en euro, s’est étalée sur un mois et demi : du 1er janvier 2002 au 17 février 2002 ; date à laquelle les espèces en franc ont été privées du cours légal [1] — c’est-à-dire qu’il était interdit de les utiliser ou de les accepter en règlement d’une transaction.SalairesÀ compter du 1er juillet 2000, le SMIC horaire brut était fixé à 42.02 francs soit, pour avec une durée légale du travail de 39 heures par semaine (169 heures par mois), 7 101.38 francs bruts par mois. Le 1er juillet 2001,…