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Articles

Affichage des articles du mai, 2011

Etats-Unis: faillite bancaire #369

Le « Federal Deposit Insurance Corporation » (FDIC) a été créée par le Congrès des Etats-Unis en 1933 pour garantir les dépôts réalisés dans les banques américaines. Le FDIC fonctionne comme une compagnie d’assurance obligatoire financée par les cotisations des institutions assurées : lorsqu’une banque fait faillite, il rembourse les déposants.

Le 29 août 2008 (quelques jours avant la chute de Lehman Brothers), le FDIC annonçait la faillite de la Integrity Bank d’Alpharetta en Géorgie. C’est la 10ème banque assurée par le FDIC qui est mise en liquidation en 2008. A cette date, le FDIC assurait 8 451 banques.

Lors de la crise précédente – l’explosion de la « bulle internet » (2000-2004) – 24 banques avaient fait faillite dont 11 lors de la seule année 2002. Suit une période de calme en 2005 et en 2006, où le FDIC n’enregistre aucune faillite. La crise dite des « subprimes » commence à se faire ressentir en 2007 avec 3 mises en liquidation ; elle s’accélère en 2008 avec 25 sauvetages – …

Il n’y a pas eu de « crise des subprimes »

Des politiques de soutien à l’accession à la propriété – principalement orchestrées par Fannie Mae et Freddie Mac –, la garantie implicite des dettes des banques par le gouvernement fédéral et une règlementation bancaire mal pensée ont transformé l’industrie financière et le marché immobilier étasunien en véritable baril de poudre [1]. Au fil des années, de nombreuses voix se sont élevées pour mettre en garde qui voulait bien l’entendre contre le niveau d’endettement des américains et la dégradation du marché des « mortgages » [2] mais c’est le propre du discours politique que de croire qu’il peut s’affranchir des contraintes bassement matérialistes de la réalité économique et puis, que diable ! Un baril de poudre sans étincelle c’est inoffensif.

Tout à commencé après l’explosion de la bulle internet. La Fed, qui cherche à relancer l’économie étasunienne, va faire baisser le niveau des taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas : du 11 décembre 2001 au 10 novembre 2004, elle main…

L’argent

Deux voisins décident entre eux d’un échange de bons procédés : le premier – qui est mécanicien – accepte d’aider le second à réparer sa voiture en contrepartie de quoi ce dernier tondra la pelouse de son voisin. Voilà donc deux hommes qui décident librement et d’un commun accord d’échanger leur travail et leurs compétences pour leur bénéfice mutuel. Pour la plupart des gens, cet échange de bons procédés est une bonne chose ; il est « moral ». Maintenant imaginons que le mécanicien propose à son voisin de le payer 10 euros pour tondre sa pelouse et que ce dernier, dans le même mouvement, échange ces 10 euros contre la réparation de sa voiture. Pour la plupart des gens, cet échange mercantile n’est pas « moral » ; nous suspectons l’un ou l’autre de ces deux hommes d’essayer de tirer un profit au dépend de l’autre, de l’exploiter, de le voler. Sous cette nouvelle forme, la relation qui unit ces deux voisins nous semble entachée de cupidité, de tromperie et de honte.

La seule et unique d…

Pas de magie

Créer des emplois, c’est très facile. C’est même tellement facile que s’en est ridicule. Par exemple, si le gouvernement souhaite donner du travail à 2000 chômeurs, il suffit d’en embaucher 1000 pour creuser des trous pendant la journée et d’en embaucher 1000 autres pour reboucher ces mêmes trous durant la nuit. C’est imparable : vous avez créé 2000 emplois, ces gens vont toucher un salaire payé par le gouvernement ; ils vont donc pouvoir consommer des biens et des services, créant ainsi un surcroît de demande, de production et donc d’autres emplois. Autres méthodes : le gouvernement glisse des billets de banque dans de vieilles bouteilles, enterre ces dernières dans des mines désaffectées et donne ainsi du travail au secteur minier [1] ou il commande trois millions de machines à couper les cheveux en quatre dans le sens de la longueur et relance ainsi l’industrie française. « Ite missa est » comme on disait autrefois, pour faire baisser le chômage, il suffit d’augmenter la dépense pu…

Qui est John Galt ?

Dans un article du Monde [1], Sylvain Cypel dresse un portrait peu flatteur de la romancière et philosophe russo-américaine Ayn Rand (1905-1982) et de l’école de pensée qu’elle a créé, l’« objectivisme ». Pas d'Etat, « dérégulation menée jusqu'à l'os », célébration de « 'l’égoïsme de l'intérêt personnel », admiration de « la force brute » et mépris des « masses incultes » : monsieur Cypel décrit les « thèses effroyables » d’Ayn Rand comme un « idéal sauvage », une « loi de la jungle » ou même une forme de « guerre sociale ». Or il se trouve que je viens – justement – de terminer « Altas Shrugged », considéré comme le « magnum opus » d’Ayn Rand, et qu’à la lumière de ce que j’ai lu, la description que nous en propose monsieur Cypel est – dans le meilleur des cas – une caricature grossière et orientée [2].

Soyons clairs : je tiens pour certain que Sylvain Cypel n’a pas lu une ligne de l’œuvre de Rand est s’est contenté de résumés écrits par d’autres que l’on imagine…

C’est le soleil, stupide !

En 1997, Henrik Svensmark et Eigil Friis-Christensen, deux physiciens du Danish National Space Center de Copenhague, découvrent une forte corrélation entre l’épaisseur de la couverture nuageuse sur Terre et l’intensité des rayons cosmiques qui frappent notre atmosphère ; laquelle est directement influencée par l’activité magnétique du soleil. Il faut préciser ici que la couverture nuageuse est un déterminant essentiel de la température qu’il fait ici bas – si les nuages retiennent une partie de la chaleur terrestre, cet effet est plus que compensé par la réflexion du rayonnement solaire. En d’autres termes, le lien identifié par les deux danois n’est rien de moins qu’une explication possible des variations climatiques à la surface de notre planète.

L’activité magnétique du soleil ou plus précisément le flux magnétique porté par le vent solaire agit sur notre planète comme un bouclier qui nous protège des rayons cosmiques – quand le vent solaire est fort, moins de rayons cosmiques atte…

Le mythe des « Chicago Boys »

L’infâme Joseph Goebbels, que seul son antisémitisme maladif empêchait d’être marxiste, avait en son temps établi un principe essentiel de toute campagne de propagande qui consiste à sélectionner quelques points – peu importe qu’ils soient vrais ou pas – et à les répéter continuellement jusqu’à ce qu’ils deviennent la vérité admise par tous. C’est en application de ce principe qu’un certain nombre de malfaisants – ceux là mêmes qui défendaient Staline, Hitler, Mao, Pol Pot, Castro, Kim Jong Il (etc…) – cherchent par tous les moyens à faire croire que les idées libérales portent en elles le germe du totalitarisme et avancent comme preuve l’idée selon laquelle Milton Friedman aurait participé à la junte d’Augusto Pinochet. Outre l’évident non sequitur [1] et la malhonnêteté intellectuelle effarante dont il faut être capable pour tenir ce genre de discours, il y a surtout que cette preuve est une pure fumisterie.En 1975, deux années après le coup d’Etat de Pinochet, le Chili connut une s…

Excès de libéralisme

A la une des Echos, David Barroux, le rédacteur de chef du quotidien, nous propose un article titré « L'Elysée souhaite engager une refonte de la direction de Renault ». Il y est question du remplacement de Patrick Pélata, directeur général du groupe automobile débarqué suite à une fausse affaire d’espionnage, par Carlos Tavares, le candidat de Carlos Ghosn et d’« une bonne partie des membres du conseil d'administration », mais surtout – comme le titre de l’article l’indique – de la volonté de l’exécutif de remanier l’organigramme de la direction de Renault.

Quoi de plus naturel ? Bien que Renault ait été « privatisée » au début des années 1990, l’Etat reste propriétaire de 15% du capital, Carlos Tavares a déjà rencontré deux ministres avant même d’être nommé (Eric Besson le 9 mai et Christine Lagarde le 20 mai) et le sommet de l’exécutif souhaite manifestement profiter de l’occasion pour réorganiser la direction du groupe pour – je cite David Barroux – « peser davantage sur l…

The Morality of Profit

L'excellent Tom Palmer sur la moralité du profit.

Colbert était un banquier privé

Il est de bon, chez les défenseurs modernes du protectionnisme, d’affirmer que l’expérience mercantiliste française fut un grand succès. Pour étayer leur point, les mercantilistes modernes rappellent, qu’à la fin du ministère de Colbert, la France était l’économie la plus puissante d’Europe. C’est parfaitement exact. En 1700, avec un PIB estimé [1] à environ 19,5 millions de dollars internationaux [2], la France est en effet – et de loin – la première économie européenne [3]. A elle seule, l’économie française pèse un quart de l’économie européenne devant l’Italie (avec un PIB de $14,6 millions), l’Allemagne ($13.7) et le Royaume-Uni ($10.7).

Seulement voilà : ça n’avait rien de nouveau puisque la France était déjà la première économie européenne avant la naissance de Colbert. En 1600, elle pesait déjà un quart du PIB européen devant l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Pour tout dire, c’était aussi le cas en 1500 et en l’an 1000 ; la France a toujours été la première économie eur…

Traité monétaire de cour d’école

Dans notre cour d’école – comme dans bien des cours d’école – nous jouions aux billes. Il en existait plusieurs variétés que nous appelions les « billes de verre », les « agates », les « billes de plomb », les « cocas » ou les « billes de terre » dont nous remplissions de vieilles trousses auxquelles nos cadets avaient formellement interdiction de toucher. Je ne sais pas comment ça c’est passé dans votre école mais dans la notre, les billes étaient la mesure de notre richesse ; je ne parle pas de la quantité d’argent de poche que nous donnaient nos parents (nous étions trop jeunes pour avoir de l’argent de poche) ni du niveau de vie de ces derniers (aucun d’entre nous n’avait la moindre idée de ce genre de chose) : je parle de notre richesse personnelle que nous essayons continument d’accroître en gagnant à « au plus près du mur » ou au « pot ». Les billes devenaient alors un instrument très pratique que nous échangions couramment contre la vignette Panini qui manquait à notre collect…

De l’ordre spontané (Re : Desaix)

Ce qui suit est ma réponse à « Desaix » (dans les commentaires)

Cher Monsieur,

Je crains que vous n’ayez pas compris ce que recouvrent les notions d’« ordre spontané » et de « main invisible ».

Ce que décrit un « ordre spontané » dans une société humaine, c’est le phénomène qui fait que nous, homo sapiens, sommes capables de nous organiser pour créer les conditions de notre survie et de notre bien-être sans que cette organisation ne nécessite aucune planification centralisée. C’est une des caractéristiques les plus saillantes de notre espèce, bien plus que le pouce opposable ou la capacité à utiliser des outils : nous sommes capables de nous coordonner, de coopérer et de travailler ensembles à la résolution des problèmes auxquels nous sommes confrontés sans qu'aucune force supérieure ne nous y oblige ni ne nous explique comment faire. Avez-vous déjà observé comment, dans une cour de récréation, les enfants organisent leurs jeux, définissent des règles qui conviennent à tous et les…

L’écologie totalitaire

Les prophètes de l’Apocalypse n’ont de cesse que de nous vendre l’imminence d’un cataclysme terrible, causé par la main de l’homme, qui finira par précipiter la perte non seulement de l’humanité mais de toute forme de vie à la surface de cette planète. Crises alimentaires liées à la surpopulation, disparition de l’écosystème causée par la pollution, exodes massifs précipités par le réchauffement climatique… Voilà une bonne cinquantaine d’années que les adorateurs de Gaïa nous prédisent les pires calamités pour un avenir proche, que leurs prophéties sont constamment réfutées par les faits et que pourtant leur influence politique n’en finit plus de se renforcer.

L’écologie telle que nous la connaissons aujourd’hui est un projet politique. C’est une conception du monde qui veut que l’homme – parce qu’il cherche à améliorer ses conditions de vies, parce qu’il est « matérialiste », « égoïste » et n’est « motivé que par les profits à court terme » – soit coupable de détruire la Terre nourri…

La « civilisation » d’Internet est en marche

La synthèse d’une réunion du 17 février 2011 [1] révèle qu’un groupe d’eurodéputés, le Law Enforcement Working Party (LEWP), travaille dans la plus grande discrétion à la création d’un « cyberespace européen sécurisé », une sorte de « zone de Schengen virtuelle » qui permettrait de contraindre les fournisseurs d’accès à Internet à filtrer les contenus jugé illicites sur la base d’une « liste noire européenne ». En clair, ce que nos élus bruxellois sont en train de nous peaufiner ce n’est rien de moins qu’une grande muraille numérique européenne.

La logique de nos eurodéputés est implacable : on ne peut pas décemment poster un représentant des forces de l’ordre à temps plein derrière chaque internaute européen pour vérifier qu’il se conforme aux myriades de réglementations qui s’imposent à lui et, par ailleurs, l’expérience de l’Hadopi semble démontrer que le moindre adolescent boutonneux – qui a facilement cinq à dix ans d’avance technologique sur le législateur – n’a aucun mal à enfu…

La théorie du complot de Nicolas Dupont-Aignan

Dans une interview récemment accordée sur Causeur, Nicolas Dupont-Aignan dénonce le « scandale France Trésor », un scandale qu’il a « découvert sur internet ». Comme j’ai moi-même découvert un certain nombre de scandales sur internet – l’homme n’a jamais mis le pied sur la lune, le monde est en réalité dirigé par une secte extraterrestre et, pire encore, Elvis Presley n’est pas mort – je me fais un devoir de vérifier les assertions de ceux qui les dénoncent et ce, en particulier, quand le « scandale » en question fleure la théorie du complot à plein nez.

L’Agence France Trésor (AFT), donc, est une agence gouvernementale française dont le métier consiste à gérer la dette et la trésorerie de l’Etat [1] – à laquelle monsieur Dupont-Aignan reproche d’être conseillée – pas dirigée – par un comité stratégique « composé de banquiers internationaux qui en sont aussi les bénéficiaires ». Traduction : l’AFT, dont le métier consiste à emprunter de l’argent sur les marchés financiers pour le comp…

Le cancer de la société française

Lors d’une interview durant laquelle il dénonçait les « dérives de l'assistanat », Laurent Wauquiez plaidait entre autres choses pour que le cumul des minima sociaux soit plafonné à 75% du Smic au motif que, selon lui, « un couple qui est au RSA, en cumulant les différents systèmes de minima sociaux, peut gagner plus qu'un couple dans lequel il y a une personne qui travaille au Smic ». Cette déclaration tonitruante a valu à monsieur Wauquiez une volée de bois vert d’autant plus cinglante qu’au-delà d’une remise en cause de nos précieux « acquis sociaux », ce ministre de la République a manifestement dit n’importe quoi.

En effet, le mécanisme du RSA a été précisément conçu afin de tenir compte des autres aides perçues par les allocataires – ou du moins d’un certain nombre d’entre elles comme les allocations familiales ou l’aide personnalisée au logement (APL). Par exemple, si un couple de chômeurs avec trois enfants peuvent prétendre à 1 167,48 euros de RSA dit « socle » mais t…

Le cancer de la société française

Lors d’une interview durant laquelle il dénonçait les « dérives de l'assistanat », Laurent Wauquiez plaidait entre autres choses pour que le cumul des minima sociaux soit plafonné à 75% du Smic au motif que, selon lui, « un couple qui est au RSA, en cumulant les différents systèmes de minima sociaux, peut gagner plus qu'un couple dans lequel il y a une personne qui travaille au Smic ». Cette déclaration tonitruante a valu à monsieur Wauquiez une volée de bois vert d’autant plus cinglante qu’au-delà d’une remise en cause de nos précieux « acquis sociaux », ce ministre de la République a manifestement dit n’importe quoi.

En effet, le mécanisme du RSA a été précisément conçu afin de tenir compte des autres aides perçues par les allocataires – ou du moins d’un certain nombre d’entre elles comme les allocations familiales ou l’aide personnalisée au logement (APL). Par exemple, si un couple de chômeurs avec trois enfants peuvent prétendre à 1 167,48 euros de RSA dit « socle » mais t…

La mondialisation a bon dos...

En quarante ans, le poids de l’industrie [1] dans le PIB français a reculé de onze points – de 22% du PIB en 1970 à 11% en 2010 – et le nombre d’emplois dans ce secteur est passé de 5,1 millions en 1970 à 2,9 millions en 2010 – soit 42% de moins. Ces deux faits, relayés par le discours politique et les gros titres de la presse qui fait ses choux gras de chaque fermeture d’usine, ont donné naissance dans l’imaginaire collectif à l’idée selon laquelle la France serait victime d’une « désindustrialisation » causée par la « concurrence déloyale » des pays à bas salaires.

C’est au mieux une analyse hâtive ; au pire une escroquerie pure et simple.

Ajustée de l’inflation, la production industrielle françaises (900 milliards d’euros) était 114% plus élevée en 2010 qu’en 1970 et sur la même période, la valeur ajoutée – c'est-à-dire la richesse économique – générée par ce secteur (215 milliards d’euros en 2010) a doublé [2]. Cette réduction du poids de l’industrie dans notre PIB ne traduit …